Camille raconte la soirée - Texte & édition

Je me souviens être dehors, assise à côté de Pierre, fumant une cigarette dans le calme. La nuit venait juste de tomber. Je voyais la lumière de la cuisine s’étendre sur le sol et faire briller les graviers du parvis. Je me tenais contre le mur, la fumée faisait des formes étranges. Je pris la main de Pierre. Elle était douce et agréable. A mon contact, elle sembla se détendre et il soupira doucement. Je me sentais bien. 

Lors de l’averse, nous nous tenions sur le rebord, à observer la pluie, à écouter le vent. Pierre était un peu en retrait. Il nous regardait avec étonnement. Les arbres s’agitaient dans la nuit, c’était très beau. 

Je me rappelle danser avec Elina. Elle me prit la main et m’entraina doucement dans l’entrée. Elle dansait plus lentement qu’à son habitude. Elle me regardait en souriant. J’ai eu envie de me fondre dans ses bras. Sa peau était chaude et sentait bon. Elle me faisait tourner et je me laissais guider.   

La table et le repas avaient été préparés. Elina s’occupait bien de nous. Tout le monde était de bonne humeur. Ils bavardaient, riaient, souriaient, faisaient de grands gestes. Je les observais s’agiter et discuter. Ils me semblaient comme éloignés.

Paul nous raconta son voyage en méditerranée. Il évoquait la mer, le ciel, le soleil qui caresse les grains de sable sur la plage. Elina écoutait attentivement. Elle était captivée par son récit.

Peut-être s’imaginait-elle les nuages voletés doucement au-dessus de nous, tandis que l’eau tiède nous effleurait les pieds…

Je me souviens de Pierre riant tout seul devant l’entrée du salon. Derrière lui, j’aperçus un grand arbre touffu dépassé par l’embrasure de la porte. Il paraissait grossir et pénétrer dans la cuisine. Cela me gênait, je me mis de dos pour ne pas y penser. Personne ne semblait avoir remarqué.

Paul m’embrassa en me raccompagnant dans ma chambre. Il s’approcha doucement de moi et posa ses lèvres sur les miennes. Il partit sans un mot.

Restant seule dans ma chambre, je me sentais étrange. Les persiennes faisaient des ombres striées et géométriques sur le sol. Cela ne me plaisait pas du tout. J’ai allumé la lumière mais cela n’y faisait rien, les ombres restaient là. Je suis allée voir Elina dans sa chambre. Elle somnolait, nue dans son lit. Je me suis déshabillée sans rien dire et je me suis glissée dans les draps, à ses côtés. Elle ouvrit ses bras et je m’y suis blottie. 

La lumière était faible et douce. Quelques ombres s’agitaient sur le mur. C’était des mouettes passant par là. Je m’endormis rapidement. 

ÉDITION - Couverture
4e de couverture
Zoom dans l'image
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IMAGES

Gravure sur cuivre & plexiglas
En deux impressions.
Aquatinte avec morceaux de papiers (réserve de blanc) puis plexiglas (personnages)

JEANNE

Sérigraphie

sur tissu

ÉLINA