Pierre raconte la soirée - Texte & édition

ÉDITION (3 exemplaires)

Lorsque je suis arrivé, accompagné de Paul, l’intérieur était allumé. Jeanne et Camille venaient juste de passer la porte d’entrée, elles avaient encore leurs manteaux sur les épaules. On s’est tous fait la bise, j’étais très content de les voir. 

 

Je me souviens que la table avait été préparée et qu’il y avait à côté une grosse poubelle qui jurait dans le paysage. On a tout de suite ouvert une bouteille, j’en ai remarqué une bonne quantité dans un coin. 

Elina s’est assise à côté de moi et m’a demandé comment j’allais. Je lui répondis assez honnêtement, mais elle a détourné la tête et ne m’a pas écouté. Ça m’a un peu énervé. Je suis allé fumer une cigarette, seul sur le devant de la maison, je me suis assis et j’ai regardé le ciel. Les voix des autres me parvenaient. J’entendais Elina dire d’un ton ironique : « Ah, en vacances, c’est vrai tu as raison de te détendre ça ne doit pas être facile de travailler tous les jours ! » et Paul rétorquer : « Tu sais, le style c’est exténuant. », «  Et toi, ma chère Camille, comment vont ces rêveries? De nouveaux arrivants sur ta planète ? ».

 

Il est vrai que Camille est une énigme, ça aussi ça m’agace. Pourquoi vouloir éviter de se confronter au monde? Je me demande ce qu’elle cherche à éviter? À ce moment-là, Camille sortit elle aussi et s’assit sans bruit à côté de moi. 

Elle a pris une cigarette de mon paquet et s’est mise à fumer en silence. Habituellement, je suis souvent mal à l’aise avec elle, mais cette fois, j’ai trouvé cela très agréable. Elle m’a pris la main, cela m’a comme apaisé. Puis, on s’est levé sans se regarder et on est rentré tranquillement. 

Dans la cuisine, Elina était à fond. Elle s’agitait en tous sens, pour installer la nourriture sur la table. Il y avait plein de bonnes choses. On s’est tous installé et on a discuté. Je ne me rappelle plus trop de quoi. De nos vies. Je n’ai pas de souvenirs précis. Je buvais pas mal, mais je ne me sentais pas ivre. À partir de là, ma mémoire se brouille. Finalement, L’alcool avait dû me faire de l’effet. Je ne suis plus vraiment sûr de l’ordre des évènements. 

 

Elina et Camille ont dansé, ce qui m’a un peu hypnotisé. La cuisine me semblait être très grande. Un moment donné, j’ai eu l’impression qu’il y avait un nombre incroyable de choses dans la pièce et que la cuisine allait déborder. Je me suis mis à ranger les objets. Je bougeais et rebougeais les choses cherchant désespérément leurs places.  

 

Elina est revenu me voir et je crois que j’ai beaucoup parlé. J’ai voulu aller aux toilettes mais je me suis trompé de porte. Je me suis retrouvé face au salon, à la place de la salle de bain. J’ai fait demi-tour, rigolant seul de ma méprise et comprenant que je devais être très saoul. Elina m’a attrapé et m’a fait danser dans la cuisine. Je n’ai pas tenu très longtemps, j’ai vu une chaise et je m’y suis précipité, c’était bien mieux ! Face à moi, Paul dansait étrangement, d’une façon un peu saccadée. Il est venu s’asseoir à côté de moi et a commencé à me parler, mais je ne suivais pas du tout. Ses mains s’agitaient dans tous les sens, il semblait plongé dans une grande réflexion. J’aurais aimé lui parler un peu plus ce soir-là, mais il était distant. 

 

Je me souviens qu’ils se sont tous mis à la fenêtre et je ne comprenais pas, car il y avait une grosse tempête dehors. Et soudainement, il a fait très froid.  

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Rabat replié / Le texte morcellé, de plus en plus incohérent au fil de l'édition, représente l'état du personnage de plus en plus saoûl.

IMAGES

Gravure sur bois

Montage d'une maquette en trois dimensions à partir des gravures.

Ajout d'élémenrs 3D (table, chaises), objets découpés, personnages.

Mise en scène et photographies

JEANNE

Sérigraphie

sur tissu

ÉLINA